Le CPE est ainsi instauré pour les jeunes de moins de 26 ans. Comme le CNE, il généralise et élargit la précarité des salariés en instaurant une période d'essai de deux ans, contournant ainsi le droit du travail qui prévoit pour les CDI une période de un à trois mois. Durant cette période, l'employeur peut à tout moment licencier le salarié sans motif et sans préavis. Cette disposition contraire au code du travail constitue une précarisation sans précédent des salariés.
Ce contrat revient également à nier la possibilité pour tout jeune de se projeter durablement dans sa vie et à créer des situations de dépendance durable. De plus, dans ce contexte de dépendance absolue vis à vis de l'employeur, il remet gravement en cause la possibilité pour les salariés de faire respecter leurs droits. On imagine facilement la réponse d'un employeur à un salarié venant réclamer ses heures supplémentaires.
Avec cette mesure, le gouvernement creuse un peu plus le fossé entre les générations, permettant à nos parents d'être les derniers dépositaires des conquêtes sociales du siècle dernier. Il oppose ainsi les générations, poussant les salariés les plus vieux vers la sortie, et offrant la possibilité de les remplacer par une main d'oeuvre à moindre coût, plus malléable et plus dépendante.
Ces mesures, en plus d'être inefficaces sont particulièrement injustes. Injustes car elles privilégient les seuls employeurs, inefficaces car plusieurs études montrent que ces mesures ne se traduisent pas par la pérennisation de ces emplois. Avec la possibilité de licencier sans motifs, ces exonérations risquent très rapidement de se traduire par une prime au licenciement.